Je ne pense pas un mot de ce que je dis et je ne dis pas un mot de ce que je pense
"On vit... comme des cons. On mange, on dort, (...), on sort. Encore et encore. Et encore... Chaque jour est l'inconscience répétition du précédent : on mange autre chose, on sort ailleurs. Mais c'est pareil, sans but, sans intérêt. On continue, on se fixe des objectifs factices. Pouvoir. Fric. Gosses. On se défonce à les réaliser. Soit on ne les réalise jamais et on est frustrés pour l'éternité, soit on y parvient et on se rend compte qu'on s'en fout. Et puis on crève. Et la boucle est bouclée. Quand on se rend compte de ça, on a singulièrement envie de boucler la boucle immédiatement, pour ne plus lutter en vain, pour déjouer la fatalité, pour sortir du piège. Mais on a peur. De l'inconnu. Du pire. Et puis qu'on le veuille ou non, on attend toujours quelque chose. Sinon, on presserait la détente, on avalerait la plaquette de médocs, on appuierait sur la lame de rasoir jusqu'à ce que le sang gicle...
On tente de se distraire, on fait la fête, on cherche l'amour, on croit le trouver, puis on retombe. De haut. On tente de jouer avec la vie pour se faire croire qu'on la maîtrise. (...). Ca fait peur aux parents. (...). Et on les déteste parce qu'ils donnent tant et si peu. (...). Et on finit par ne plus savoir ce qui compte, justement. Les limites s'estompent. On est comme un électrons libre.
0n a une carte de crédit à la place du cerveau, (...), et rien à la place du c0eur, 0n va en b0îte plus qu'0n ne va en c0urs, 0n a plus de mais0ns qu'0n a de vrais amis, et deux cents numér0s dans n0tre répert0ire qu'0n appelle jamais. 0n est la jeunesse d0rée. Et 0n n'a pas le dr0it de s'en plaindre, parce qu'il paraît qu'0n a t0ut p0ur être heureux. Et 0n crève d0ucement dans n0s appartements tr0p grands, des m0ulures à la place du ciel, repus, (...), et le s0urire aux lèvres..."
Ce texte me donne singulièrement envie de tout faire pour éviter ça... je ne me complais pas dans le malheur, c'est plutôt le contraire en fait...
Le bonheur, c'est le chagrin qui se repose...
Freidoune Sahebjam "Morte parmi les vivants"
oOoOoO BiTchY GirL oOoOoO



